Chapitre 1 L’évolution du parc social

L’offre locative sociale dans la région Normandie s’élève à 309 912 logements au 1er janvier 2025. Sur un an, elle diminue de 0,2 %, alors qu’elle progresse de 0,5 % au niveau national.

Les logements sociaux ont progressé de 0,7 % en 6 ans, moins que l’ensemble des résidences principales sur la période 2016-2022 (4,3 %).

Ainsi, le parc social représente, au 1er janvier 2025, 20,1 % des résidences principales contre 17,3 % au niveau national.

Le parc social, une offre majeure pour le logement des Normands

L’offre locative sociale occupe donc en Normandie une place significative pour le logement de ses habitants : en France métropolitaine, sur ce critère, la région occupe le 3e rang derrière l’Île-de-France (26,1 %) et les Hauts-de-France (22,7 %). La Normandie se place très loin devant sa voisine bretonne (12,1 %), par exemple.

C’est particulièrement le cas pour la Seine-Maritime (25,3 %), seulement devancée par la plupart des départements franciliens, par la Marne et le Pas-de-Calais. La proportion approche même le tiers dans la Métropole Rouen Normandie, la CC Caux Austreberthe, la CU Le Havre Seine Métropole et la CA de la Région Dieppoise. Cette forme de logement est majoritaire à plus de 60 % au Grand-Quevilly et à Canteleu, et majoritaire à plus de 50 % à Maromme, Harfleur et Gonfreville-l’Orcher, avec des parcs locatifs sociaux qui comptent plusieurs milliers de logements chacun.

Cette prévalence est moins nette pour le Calvados (18,5 %), qui se situe toutefois au 19e rang des départements français. La CU Caen la Mer rassemble la majorité du parc social du département [voir tableau], et un quart de ses résidences principales sont des logements sociaux. La commune de Colombelles s’y distingue avec une proportion de logements sociaux de l’ordre de 50 %.

Ailleurs dans la région, il n’y a que Val-de-Reuil, dans l’Eure, qui se caractérise par une très forte majorité d’habitat social (65 %).

Le parc locatif social en Normandie au 1er janvier 2025
Type de logement
Zone Nombre de logements sociaux au 01/01/2025 Évolution 2025/2024 (en %) Densité pour 100 résidences principales Part de logements en QPV
(en %)
Part des logements individuels
(en %)
Part des logements collectifs
(en %)
Part des logements étudiants
(en %)
France métropolitaine 5 210 208 0,5 17,3 30,4 15,2 82,2 2,6
France de province 3 805 855 0,4 15,4 29,6 19,7 78,1 2,2
Normandie 309 912 -0,2 20,1 28,6 24,1 74,0 1,9
Calvados 61 091 0,8 18,5 20,0 31,9 66,7 1,4
Eure 42 051 0,2 16,1 34,0 28,3 70,8 0,9
Manche 38 135 -0,1 16,2 20,6 40,3 59,1 0,6
Orne 20 822 -1,1 16,0 34,5 32,2 66,7 1,0
Seine-Maritime 147 813 -0,7 25,3 31,9 14,3 82,9 2,8
Les mêmes données sont disponibles pour chaque Epci de la région dans le fichier téléchargeable en Introduction, dans l’onglet tableau_1_1.
Sources : SDES, RPLS au 1er janvier 2025 ; INSEE, recensement de la population 2022

Cet équipement important de la région en logement social permet le plus souvent de répondre localement aux obligations légales en la matière. Ainsi, sur les 85 communes normandes qui entrent dans le champ d’application de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU), seules 25 n’atteignaient pas leur taux cible de 20 % de logements sociaux au 01/01/2024. C’est peu comparativement à la plupart des autres régions : globalement en France, la majorité des communes assujetties sont en effet déficitaires. De plus, les communes déficitaires normandes ne sont pas les plus peuplées : elles ne représentent que 12 % de la population des communes assujetties à la loi SRU. Il n’y a qu’en Bourgogne-Franche-Comté que ces proportions sont encore moindres. [source : Communes et inventaire SRU sur data.gouv.fr]

Un parc social qui ne croît plus

Pour autant, le parc locatif social normand est resté assez stable au cours de l’année 2024 (-0,2 %) alors qu’il a légèrement progressé au niveau national (+0,5 %).

Les mises en service de logements sociaux demeurent historiquement basses, si bien que les sorties du parc social (ventes, démolitions, restructurations, changements d’usage de logements) ont été excédentaires. [Chapitre 3]

La tendance est aussi celle des quatre dernières années. Depuis 2021, le volume de logements sociaux a cessé de croître dans la région, fluctuant faiblement autour des 310 000. Alors que dans le même temps, il a continué de progresser à l’échelle de l’hexagone, à un rythme annuel moyen d’environ +0,8 %. En Normandie, il n’y a guère que dans le Calvados que subsiste une progression, modérée (+ 1 200 logements en quatre ans, soit +0,5 % en rythme annuel). Elle est moindre dans la Manche (+ 300 logements, soit + 0,2 % par an). En revanche, l’offre se réduit dans l’Eure (- 500 logements), dans l’Orne (- 300), et en Seine-Maritime (- 900 ; mais surtout en raison de sorties techniques du parc [Chapitre 3]).

Ces constats sont à mettre en regard des évolutions démographiques dans la région. Selon le recensement de la population, sur la période 2017-2023, seul le Calvados conserve un dynamisme démographique (+0,4 % par an), alors que les populations de Seine-Maritime, de l’Eure et de la Manche stagnent et que celle de l’Orne est en recul (-0,5 % par an). [source : Insee Analyses Normandie n°150, décembre 2025]

Pour autant, en dépit de la stabilité globale du nombre de Normands, le nombre de ménages à loger continue de croître (+1,0 % par an dans le Calvados entre 2016 et 2022 ; + 0,7 % par an dans l’Eure, la Manche et la Seine-Maritime ; +0,2 % par an dans l’Orne), ce qui n’est pas sans conséquence en termes de tensions sur le parc social. [Chapitre 5]