Chapitre 5 Tension sur le marché (mobilité et vacance)

Dans la région, 8 300 logements sont vacants, dont 5 600 depuis plus de trois mois

Au 1er janvier 2023, parmi les 176 849 logements loués ou proposés à la location dans la région Bourgogne-Franche-Comté, 8 299 sont vacants. La vacance commerciale recule de 0,4 point (-725 logements vacants) pour atteindre 4,7 % de l’offre locative dans la région, soit le double de la moyenne métropolitaine. La Bourgogne-Franche-Comté conserve le taux de vacance le plus élevé, nettement devant la région Grand-Est (3,2 %). La vacance commerciale est particulièrement prononcée dans la Nièvre (10,7%) et en Saône-et-Loire (7,6%), qui se situent aux deux premiers rangs des départements métropolitains par l’importance de la vacance. Le Territoire de Belfort et le Jura se place respectivement au 8e et au 14e rang sur 96.

Cette moindre vacance s’explique en premier lieu par le recul de l’offre locative. Celle-ci a diminué de près de 900 logements sous le double effet du recul du parc et de la bascule de plus de 150 logements en vacance technique (attente de réhabilitation ou de démolition). Cette situation est favorisée par le développement des projets ANRU, la préparation des futures opérations de démolition et les nombreux engagement de financements de réhabilitation lourde en lien avec la fin du plan de relance. Parallèlement, la baisse observée depuis plusieurs années du nombre de logements sociaux occupés se réduit. Entre début 2022 et début 2023, elle atteint 172 unités contre 455 un an plus tôt. Ce ralentissement est en partie le fait d’une plus grande difficulté à quitter le parc social, dans un contexte de pression inflationniste.

Vacance et mobilité dans le parc locatif social
Vacance
Zone Nombre de logements loués ou proposés à la location au 01/01/2023 Taux de vacance totale au 01/01/2023 Taux de vacance structurelle au 01/01/2023 Taux de mobilité en 2022
France métropolitaine 4 773 874 2,4 % 1,3 % 8,1 %
France de province 3 500 099 2,6 % 1,4 % 8,8 %
Bourgogne-Franche-Comté 176 849 4,7 % 3,2 % 11,0 %
Côte-d’Or 34 649 2,7 % 1,2 % 10,7 %
Doubs 34 379 3,2 % 1,8 % 11,4 %
Jura 13 237 4,4 % 3,2 % 9,7 %
Nièvre 11 603 10,7 % 9,0 % 11,6 %
Haute-Saône 10 905 3,0 % 1,5 % 11,4 %
Saône-et-Loire 39 308 7,6 % 5,8 % 10,9 %
Yonne 19 454 2,0 % 0,8 % 11,2 %
Territoire de Belfort 13 314 5,6 % 3,8 % 11,5 %
Dijon Métropole 24 204 2,1 % 0,7 % 10,4 %
CU Grand Besançon Métropole 17 021 3,6 % 2,1 % 11,4 %
CA Grand Belfort 11 265 5,0 % 3,2 % 11,7 %
CA Le Grand Chalon 9 680 4,2 % 2,8 % 10,6 %
CA Pays de Montbéliard Agglomération 13 079 3,1 % 1,8 % 11,4 %
CA du Grand Dole 3 868 0,5 % 0,1 % 9,9 %
Source : SDES, RPLS au 1er janvier 2023

La vacance de plus de trois mois, dite « vacance structurelle » s’établit à 3,2 %, contre 1,3 % au niveau national. Elle a diminué de 0,3 point entre 2019 et 2023.Sans surprise, ce sont dans les zones où la déprise démographique est installée depuis plusieurs décennies que la vacance est la plus forte. Le taux de logements vacants de plus de 3 mois dépasse 10 % dans de nombreux EPCI de la Nièvre, de l’Ouest de la Saône-et-Loire et de l’Auxois. La CC Haut-Jura Saint-Claude est également concernée. Parmi les grands EPCI, le parc social de la CU Creusot-Montceau et de la CA de Nevers enregistrent une forte vacance structurelle. Au sein des EPCI délégataires des aides à la pierre, la vacance structurelle est généralement moins forte qu’en moyenne dans la région. Si elle est supérieure de près d’un point pour le Grand Belfort, elle est quasiment inexistante sur le Grand Dole et la métropole dijonnaise et ses alentours. Cette très faible vacance est aussi très présente dans l’Yonne, dans la Bresse ou sur la zone frontalière.

En 2022, 11,0 % des logements ont changé de locataires, contre 8,1 % en France métropolitaine. Le taux de mobilité a baissé de 1,2 point entre 2019 et 2022. Dans un contexte d’inflation forte, le parc social apparaît comme un refuge dont il est plus difficile de sortir. De nombreux paramètres influent sur la mobilité. Autour de Dijon ou dans la zone frontalière, l’offre faible et la mobilité se situe en dessous de la moyenne nationale. En revanche, certains EPCI enregistrent des taux supérieurs à 15 %. Ils sont souvent situés dans des zones en déprise, où l’offre est abondante facilitant l’entrée ou la mobilité à l’intérieur du parc. D’autres sont des zones dynamiques démographiquement, comme la CC des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs.