Chapitre 5 Tension sur le marché (mobilité et vacance)

Dans la région, 8 009 logements sont vacants et 3 915 le sont depuis plus de trois mois.

Au 1er janvier 2020, parmi les 294 207 logements loués ou proposés à la location dans la région Nouvelle‑Aquitaine, 2,7 % sont vacants, contre 2,8 % en France métropolitaine. La vacance de plus de trois mois, dite « vacance structurelle » est de 1,3 %, comme au niveau national. Dans la région Nouvelle‑Aquitaine, en 2019, 10,4 % de logements ont changé de locataire, contre 9 % en France métropolitaine.

La vacance structurelle en baisse sur les cinq dernières années en Nouvelle-Aquitaine

Le taux de vacance structurelle dit de longue durée baisse de 0,5 point dans le parc locatif social régional entre les millésimes 2016 et 2020 contre - 0,3 point en France métropolitaine. Cette baisse est le signe d’une meilleure adéquation territoriale entre l’offre et la demande sur les cinq dernières années. En un an, le taux régional reste quasi-identique (+ 0,1 point). La vacance de plus de 3 mois est plus forte dans les départements de la Creuse (6,8 %) et de la Dordogne (5,1 %). A l’inverse, elle est très faible en Gironde (0,3 %) et dans les Landes (0,4 %). Cette différence de vacance entre départements peut s’expliquer en partie par une demande de logement social plus pressante dans les territoires tendus où les loyers du parc privé sont plus chers et par conséquent où la vacance de longue durée dans le parc social est plus faible.

Tableau 5.1: Vacance et mobilité dans le parc locatif social
Vacance
Zone Nombre de logements loués ou proposés à la location au 01/01/2020 Taux de vacance totale au 01/01/2020 Taux de vacance structurelle au 01/01/2020 Taux de mobilité en 2019
Nouvelle-Aquitaine 294 207 2,7 % 1,3 % 10,4 %
Charente 15 649 3,7 % 1,7 % 12,1 %
Charente-Maritime 27 094 1,8 % 0,7 % 8,6 %
Corrèze 8 902 3,7 % 2,0 % 13,2 %
Creuse 5 229 9,1 % 6,8 % 18,6 %
Deux-Sèvres 15 445 3,3 % 1,3 % 10,6 %
Dordogne 14 106 7,3 % 5,1 % 11,2 %
Gironde 99 982 1,3 % 0,3 % 9,6 %
Haute-Vienne 24 960 4,5 % 2,5 % 11,5 %
Landes 13 117 1,6 % 0,4 % 10,4 %
Lot-et-Garonne 9 852 2,0 % 0,7 % 10,9 %
Pyrénées-Atlantiques 35 027 2,2 % 1,0 % 8,8 %
Vienne 24 844 4,1 % 2,4 % 12,1 %
France de province 3 444 145 3,0 % 1,5 % 10,0 %
France métropolitaine 4 688 222 2,8 % 1,3 % 9,0 %
Source : SDES, RPLS au 1er janvier 2020
Dans un peu moins de la moitié des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) de la Nouvelle-Aquitaine, la vacance de plus de 3 mois est supérieure à celle de la région. Son taux atteint 15,3 % au 1er janvier 2020 dans la communauté de communes de Marche et Combraille en Aquitaine située dans le département de la Creuse, soit + 3,6 points par rapport à l’année précédente. À l’inverse, dans des territoires comme Bordeaux Métropole, la communauté d’agglomération du Pays Basque ou la communauté de communes de l’Île de Ré, les taux de vacance sont faibles (0,4 % pour les deux premiers et 0,1 % pour le dernier). La communauté urbaine du Grand Poitiers et de Limoges Métropole se situent entre les deux avec des taux de respectivement 3,3 % et 2,4 %.

La mobilité des ménages dans le parc locatif social régional stagne

En 2019, le taux de mobilité dans le parc locatif social de Nouvelle-Aquitaine est équivalent à celui de l’année précédente. Il reste supérieur au taux moyen du parc métropolitain (9 %). Entre 2015 et 2019, la mobilité des ménages a baissé de 0,7 %, traduisant le fait que le logement HLM est devenu une solution de plus en plus pérenne pour de nombreux ménages aux revenus modestes. Sur 5 ans, la mobilité dans le parc locatif social de la Nouvelle-Aquitaine est supérieure à celle de France métropolitaine : l’écart maximum atteint pour la période 2015-2019 est de 1,4 points.

En Nouvelle-Aquitaine, le taux de mobilité reste élevé dans la majorité des parcs locatifs sociaux départementaux. En effet, dans huit départements sur douze, la mobilité dans les logements sociaux est supérieure à celle de la région en 2019  avec un taux de 10,6 % pour les Deux-Sèvres à 18,6 % pour la Creuse. Un parc HLM en concurrence avec un parc privé peu cher favorise cette mobilité. A contrario, la Gironde (9,6 %), les Pyrénées-Atlantiques (8,8 %) et surtout la Charente-Maritime (8,6 %) contribuent à faire baisser la moyenne régionale. Dans ces territoires tendus où les prix du marché immobilier sont élevés, la mobilité se réduit. En revanche, dans les Landes, le taux de mobilité est identique au taux régional.

Dans plus de la moitié des EPCI de la Nouvelle‑Aquitaine, la mobilité des ménages est supérieure à celle de la région. La mobilité dans le parc social de la communauté urbaine du Grand Poitiers et de Limoges Métropole se situe aussi au-dessus de la moyenne régionale avec respectivement 11,9 % et 11,4 %, soit moins 1,7 points et moins 1,2 points en un an. À l’inverse, les taux dans des territoires comme Bordeaux Métropole (9,6 %), la communauté d’agglomération du Pays Basque (7,1 %) et celle de l’Île de Ré (5,2 %) sont plus faibles.