Synthèse

En 2024, les Pays de la Loire concentrent toujours près d’un projet de maison individuelle sur dix en France métropolitaine, avec 5 348 permis de construire délivrés à un particulier. Toutefois, le recul est marqué (−26 % en un an, contre −22 % au niveau national) et s’inscrit dans une tendance de fond : en cinq ans, le nombre de permis a été divisé par deux. Cette chute reflète le ralentissement durable du secteur de la construction, qui atteint un point bas à la fin de l’année 2024. Malgré une reprise amorcée en 2025, la baisse touche particulièrement les maisons individuelles : en 2024, elles ne représentent plus que 35 % des permis délivrés dans la région, contre 46 % en 2019. Les ménages ont suspendu leurs investissements, compte tenu de l’augmentation des taux d’intérêt et d’un durcissement des conditions d’accès au crédit.
L’attrait du littoral se confirme : 41 % des constructions sont localisées en Vendée. La Loire-Atlantique, qui combine dynamisme démographique et attractivité du littoral, regroupe quant à elle 32 % des maisons neuves. La périurbanisation se poursuit, avec 27 % des nouvelles constructions réalisées dans des communes de densité intermédiaire. Toutefois, le phénomène le plus marqué reste l’implantation des maisons dans les communes rurales, qui concentrent 70 % des projets de construction. Ces territoires continuent d’attirer en raison d’une disponibilité foncière plus importante et de prix du terrain plus abordables.
Pour près de deux tiers des maisons construites, le terrain a été acquis au cours des deux dernières années, le plus souvent par l’intermédiaire d’une agence immobilière (31 %). Les Pays de la Loire se distinguent par des terrains à bâtir de superficie plus réduite que la moyenne nationale, avec une surface moyenne de 638 m² contre 938 m² en France métropolitaine, mais à un prix au mètre carré plus élevé (122 €/m² contre 101 €/m²). Ces caractéristiques, en termes de prix et de surface, sont proches de celles observées en Bretagne.
Sur un an, le montant destiné à l’acquisition du terrain est resté stable en Pays de la Loire, de l’ordre de 77 900 €. Pour rester dans cette enveloppe, les acheteurs ont rogné sur la superficie du terrain, en baisse de 6 % sur un an. La hausse du prix au mètre carré du terrain est essentiellement tirée par la Loire-Atlantique, où il atteint 159 €/m². Bien que légèrement inférieurs à la moyenne régionale, les prix observés en Vendée (116 €/m²) et en Maine-et-Loire (118 €/m²) restent proches l’un de l’autre. À l’inverse, ils sont nettement plus bas en Mayenne (64 €/m²) et en Sarthe (58 €/m²), deux départements qui se caractérisent par les plus grandes superficies de terrains, avec respectivement 711 m² et 829 m² en moyenne.
En 2024, le coût moyen de construction d’une maison individuelle, hors achat du terrain, est quasi stable, il s”élève à 213 000 € en Pays de la Loire alors que la surface moyenne des maisons diminue légèrement pour atteindre 107 m². Sur une décennie, le prix d’une maison au mètre carré a presque été multiplié par deux. La région se distingue par un niveau de prix élevé au mètre carré, la plaçant au 5ᵉ rang des régions les plus chères pour la construction de maisons individuelles. Cependant, les disparités inter-régionales restent importantes : les maisons sont généralement plus grandes et plus coûteuses dans les communes les plus densément peuplées, tandis que certains départements, comme la Vendée, combinent surfaces plus modestes et coûts plus contenus. À l’inverse la Mayenne, avec un volume de constructions limités, se caractérise par des maisons de grande taille et des prix relativement élevés.
Les Pays de la Loire comptent parmi les régions les plus abordables pour un projet complet de construction de maison individuelle, terrain et maison compris, se plaçant au 3ᵉ rang des régions les moins chères. Le coût moyen d’un projet atteint 279 000 €, dont 28 % sont consacrés à l’achat du terrain, un niveau sensiblement inférieur à la moyenne observée en France métropolitaine (314 000 €). En Loire-Atlantique, en revanche, le foncier occupe une place plus importante dans le budget des ménages, représentant un tiers du coût total du projet.
En 2024, 89 % des maisons construites sont des résidences principales, maisons plus grandes et plus onéreuses que les autres types de logements (résidences secondaires, locations). Parallèlement, la part des particuliers construisant eux-mêmes leur maison progresse, alors que le recours aux constructeurs recule légèrement. Près d’un maître d’ouvrage sur deux est déjà propriétaire, ce qui constitue un atout pour accéder à un projet de construction. 44 % des maîtres d’ouvrage ont moins de 40 ans. En un an, cette part diminue (- 5 points) au profit des classes plus agées, les plus de 50 ans (+ 7 points). Enfin, les employés constituent la catégorie socioprofessionnelle la plus représentée parmi les nouveaux propriétaires de maisons neuves (28 %).
Sous l’impulsion de la Réglementation environnementale 2020, la transition énergétique s’affirme dans la construction neuve. Les énergies renouvelables constituent désormais le principal mode de chauffage des maisons individuelles. En effet, elles sont adoptées dans 73 % des constructions, ce qui se traduit par des coûts de construction plus élevés et des logements d’une superficie légèrement supérieure à la moyenne.