Chapitre 4 Coût total du projet

Pour évaluer le coût total prévisionnel d’un projet de construction d’une maison individuelle, la suite de l’analyse porte sur les projets autorisés en 2024 qui ont nécessité l’achat du terrain à bâtir, achat réalisé ou prévu en 2024/2025. C’est le cas de figure le plus standard, à 64 %. [chapitre 2]

4.1 Coup d’arrêt au renchérissement accéléré de 2022-2023

Sur ce champ, en 2024, en Normandie, le coût total des projets s’élève en moyenne à 275 561 € ; il comprend le coût du terrain acheté, soit 71 330 € en moyenne, ainsi que le coût prévisionnel de la maison, soit 204 231 € en moyenne. Il est à noter que l’effort financier pour la construction de la maison est un peu moindre lorsque le projet nécessite l’achat du terrain à bâtir (coût moyen de 207 300 €, tous modes d’acquisition du terrain confondus [chapitre 3]). Le prix du terrain représente 26 % du coût total du projet.

En France métropolitaine, sur le même champ, le coût moyen des projets monte à 314 245 €. Le prix prévisionnel de la maison y contribue à hauteur de 219 700 € en moyenne. La Normandie se situe ainsi au 12e (et avant-dernier) rang des régions métropolitaines, par ordre décroissant du coût moyen des projets. Le coût moyen des projets évolue assez similairement en Normandie et au niveau national métropolitain : 2024 marque un coup d’arrêt à la période récente de renchérissement, accéléré en 2022-2023 dans un contexte général inflationniste, tant sur la composante Terrain que sur la partie Construction.

4.2 Des projets en rapport avec les étapes de la vie…

Les étapes de la vie ont une influence sur le profil des ménages porteurs d’un projet de construction de maison individuelle.

Pour les plus jeunes de moins de 30 ans, le projet vise toujours ou presque à constituer la nouvelle résidence principale, dans un geste interprétable comme la primo-accession à la propriété (dans 9 cas sur 10, ils sont locataires de leur résidence principale actuelle). Leur maison et terrain sont en moyenne plus petits (environ 110 m² de surface habitable sur des terrains de moins de 1 000 m²), et au budget plus serré. Les trois quarts du temps, ils visent à n’accueillir à terme qu’une ou deux personnes.

À partir de la trentaine et jusqu’à 50 ans, les projets gagnent en ampleur, à l’heure où le couple et la famille « s’installent », en s’élargissant. Deux tiers à trois-quarts des projets de ces classes d’âge visent ainsi à accueillir au moins 3 personnes dans la maison à construire, le plus souvent 4. En moyenne, le terrain visé a une superficie plus importante (supérieure au millier de m²) [voir le catalogue DiDo], et une surface habitable plus grande (au-delà de 120 m²). [voir le catalogue DiDo] . Dans les deux tiers des cas, le projet constitue le passage d’un statut de locataire à celui de propriétaire de sa résidence principale.

Au-delà de 50 ans, l’objectif se transforme : le projet prend un peu plus souvent d’autres dimensions que la résidence principale (un investissement locatif ou une résidence secondaire par exemple). En moyenne, les terrains achetés sont plus petits (de l’ordre de 900 m²), les maisons aussi (moins de 120 m²), mais avec un effort financier en €/m² plus important. Dans le cas de projets de résidence principale, la maison est à ces âges-là destinée à accueillir très majoritairement moins de 3 personnes, le plus souvent 2. Dans les deux tiers des cas, les ménages concernés sont déjà propriétaires de leur résidence principale actuelle.

Tableau 4.1 - Projets de construction par tranche d’âge des maîtres d’ouvrage
Tranches d’âge Répartition des projets (%) Prix moyen du projet (€) Part du terrain dans le coût du projet (%) Part des constructions destinées à l’habitation (%)
Moins de 30 ans s 235 642 24,9 s
30 à 39 ans 24,0 275 653 25,7 92,0
40 à 49 ans 18,6 298 462 27,4 90,8
50 à 59 ans s 284 616 26,3 s
60 ans et plus 19,9 301 820 25,0 83,4
Note:
Un ‘s’ remplace une valeur quand cette dernière a été masquée compte tenu du secret statistique et/ou de la qualité des données d’enquête.

Source : SDES, EPTB en 2024

4.3 … avec le profil socioprofessionnel…

L’autre déterminant pour faire face à l’investissement que représente la construction d’une maison est celui de la catégorie socioprofessionnelle et des moyens qui s’y attachent.

Les employés et les ouvriers sont porteurs d’un projet moins coûteux en moyenne, à but de résidence principale très généralement. Les cadres, même s’ils ne sont pas les plus nombreux à se lancer dans la construction d’une maison, sont toutefois sur-représentés et leur projet mobilise en moyenne quelque 76 000 € de plus que ceux des employés. Les projets des agriculteurs exploitants se caractérisent quant à eux par un investissement d’un montant assez modeste, mais qui répond plus fréquemment à un autre objectif que de loger son propre foyer, et dans lequel le terrain représente une plus faible part que pour les autres catégories socioprofessionnelles.

Tableau 4.2 - Projets de construction par catégorie socioprofessionnelle des maîtres d’ouvrage
Catégories socioprofessionelles Répartition des projets (%) Prix moyen du projet (€) Part du terrain dans le coût du projet (%) Part des constructions destinées à l’habitation (%)
Agriculteurs exploitants 2,3 241 952 16,9 74,1
Artisans, commerçants, chefs d’entreprise 9,1 277 813 27,1 83,3
Cadres et professions intellectuelles supérieurs 23,0 320 969 26,5 89,5
Professions intermédiaires 13,3 268 538 26,1 94,4
Employés 27,4 244 501 25,1 95,1
Ouvriers 7,9 239 452 26,5 96,3
Retraités 14,9 296 917 25,0 84,1
Autres personnes sans activité professionnelle 2,2 275 356 30,9 71,2
Note:
Un ‘s’ remplace une valeur quand cette dernière a été masquée compte tenu du secret statistique et/ou de la qualité des données d’enquête.

Source : SDES, EPTB en 2024

4.4 … et s’inscrivant dans un parcours résidentiel

L’accession à la propriété sous-tend la majorité des projets de construction de maison individuelle avec achat du terrain, en vue de devenir la nouvelle résidence principale : 40 % des porteurs de projets sont locataires dans le privé, 15 % sont logés gratuitement, et 8 % sont locataires d’un logement social. Le reste de ces projets sont portés par des ménages déjà propriétaires de leur résidence principale. Quant aux projets, rares, de type investissement locatif ou résidence secondaire, ils sont portés très largement par des ménages propriétaires de leur résidence principale.