n°LA 132 MARS 2026

Les enquêtes publiques organisées par l’Etat
en 2025 en Auvergne-Rhône-Alpes

Avertissement : Cette publication a pour objectif de dresser un état des lieux des enquêtes et consultations(*) publiques de 2025 organisées par l’État. Elle inclut donc les projets nécessitant une autorisation environnementale, tels que les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) et les autorisations liées à la loi sur l’eau, communément appelées Installations Ouvrage travaux activité (IOTA). Ce bilan recense également les procédures d’utilité publique, comme les déclarations ou servitudes, ainsi que les déclarations d’intérêt général nécessaires à la réalisation de travaux. De plus, l’État mène des enquêtes parcellaires et d’autres procédures spécifiques, telles que les modifications des limites territoriales et la suppression de passages à niveau.
Ce bilan s’efforce d’être le plus complet possible et repose sur une analyse des sites internet des préfectures, qui servent de support pour la publication des avis. L’analyse se fonde sur le nombre de dossiers, chaque dossier pouvant regrouper plusieurs enquêtes publiques dans le cadre d’une enquête unique. La date de référence considérée pour l’appartenance à l’année civile est celle du début de l’enquête ou de la consultation.

L’enquête publique fait partie des processus de phase aval pour l’élaboration d’un projet, c’est-à-dire celle qui se déroule après le dépôt de la demande d’autorisation ou d’approbation par l’autorité compétente et avant que celle-ci ne prenne sa décision. Il existe d’autres étapes de participation du public en phase amont. On peut citer par exemple des concertations préalables dont certaines peuvent être garanties par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). Concernant ces dernières, les procédures régionales en cours ou terminées peuvent être consultées sur le site de la CNDP.
Les enquêtes publiques dans la région concernent aussi des projets-plan-programme (PLU/SCOT/Aménagement) dont l’autorité organisatrice est une collectivité locale, qui ne sont pas comptabilisés dans ce bilan ne prenant en compte que les procédures organisées par l’Etat.

Les enquêtes publiques organisées par l’Etat

Les enquêtes publiques peuvent être organisées par différentes autorités. La nature de l’enquête détermine qui en est le prescripteur et l’organisateur. Les codes relatifs à l’environnement, à l’urbanisme et aux relations entre le public et l’administration précisent ce point. En général, on distingue deux principales autorités compétentes: soit l’État (représenté par le préfet), soit l’exécutif d’une collectivité (comme le maire, le président d’un EPCI ou le conseil départemental), notamment dans le cadre de l’élaboration ou de la révision des documents de planification (tels que le PLU ou le SCOT).
De plus, certaines enquêtes sont directement organisées par les collectivités, qui en désignent également les modalités. Cela concerne principalement les enquêtes de voirie, comme le classement ou le déclassement de voies.

(*) La loi industrie verte promulguée le 23 octobre 2023 crée un nouveau mode de participation citoyenne. Il s’agit des consultations par voie électronique (CPVE). Elles s’appliquent pour les autorisations environnementales (ICPE/IOTA) déposées à partir d’octobre 2024. Le principe est la parallélisation des phases de consultation et d’instruction. La durée de ces CPVE est plus longue, 3 mois. Elles sont ponctuées par 2 réunions publiques animées par un commissaire enquêteur ou une commission d’enquête (plusieurs commissaires enquêteurs). En 2025, il y a eu une vingtaine de consultations sur ce nouveau format.


Localisation et thématiques des enquêtes publiques

Autre DIG/DUP/SUP ICPE IOTA PC Photovoltaique PPR Total
01 Ain 1 7 6 2 1 4 21
03 Allier 1 4 3 0 10 1 19
07 Ardèche 0 8 0 2 1 0 11
15 Cantal 0 5 3 0 2 0 10
26 Drôme 3 6 2 6 6 0 23
38 Isère 1 13 4 3 3 1 25
42 Loire 3 12 5 5 0 1 26
43 Haute-Loire 4 2 1 1 3 2 13
63 Puy-de-Dôme 3 8 5 1 0 0 17
69 Rhône 2 9 7 6 1 1 26
73 Savoie 4 6 2 4 2 1 19
74 Haute-Savoie 5 13 3 6 0 0 27
84 Auvergne-Rhône-Alpes 27 93 41 36 29 11 237

En nombre de dossiers
Source : publications des préfectures de départements

En 2025, l’Auvergne-Rhône-Alpes a enregistré 237 dossiers d’enquêtes publiques ou consultations, sous la responsabilité de l’État, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année précédente. La distribution géographique et le nombre de dossiers présentent une certaine hétérogénéité.
Plus de 25 dossiers ont été soumis à la consultation pour l’Isère, la Loire, le Rhône et la Haute-Savoie. L’Ardèche, le Cantal et la Haute-Loire sont les départements ayant enregistré le plus faible nombre de dossiers cette année. Les autres départements comptent environ 20 dossiers.
Ce volume de dossiers n’est pas du tout représentatif de l’ampleur de la participation qui peut être parfois important pour certains projets et plus modeste pour d’autres.


Thématique des enquêtes publiques

En pourcentage et nombre de dossiers
Source : publications des préfectures de département

S’agissant des thématiques, cette publication fait un choix de représentation. Il est possible d’en faire d’autres. Par exemple dans un dossier qui concerne simultanément une DUP et une ICPE, le dossier sera classé en ICPE.


Ces dossiers ICPE constituent 17% des enquêtes ou consultations. Il convient de souligner l’examen de cinq parcs éoliens et d’une dizaine de mises en œuvre ou renouvellements et agrandissements de carrières. Les enquêtes sur les autorisations environnementales IOTA constituent 15 % du total. Elles sont généralement distribuées à travers tout le territoire et relatives à des thèmes comme les centrales hydroélectriques ou les projets d’aménagement.
Parmi les dossiers soumis à l’enquête, 29 permis de construire sont liés à des parcs photovoltaïques, soit 12% des cas analysés au niveau régional. Si l’instruction de ces permis incombe à l’État, la décision finale d’acceptation ou de refus revient au préfet du département.
Environ 35 % de ces permis sont concentrés dans l’Allier.

Pour les déclarations d’utilité publique, outre leurs réalisations conjointes avec des autorisations environnementales, celles-ci concernent également d’autres thématiques telles que les protections de captage, des opérations de restauration immobilière ou des projets d’aménagement du territoire. Ce type de dossiers d’utilité publique, majoritaire, représente 39 % du total des enquêtes.
Une dizaine de dossiers concernent des Déclaration d’Intérêt Général (DIG) pour des projets d’aménagement et de gestion de l’eau.
Enfin, les autres enquêtes concernent l’élaboration de Plans de Prévention des Risques (PPR) soit 11 dossiers ou d’autres procédures spécifiques telles que des projets de classement (site patrimonial remarquable, zone agricole protégée, etc.).


Géolocalisation des dossiers d’enquêtes publiques

La cartographie proposée présente l’ensemble des dossiers mis à l’enquête, ainsi que le détail selon 3 grandes modalités:
- Les autorisations environnementales dont les ICPE sont instruites par la DREAL ou les DDPP pour le compte des préfets de département.
- Les autorisations environnementales IOTA instruites par les DDT pour le compte des préfets de département.
- La catégorie Autres, qui regroupe les procédures dont les maîtres d’ouvrages et services instructeurs sont plus variés (Collectivités, ARS, préfectures, etc.).


Application de cartographie des enquêtes publiques


Carte
Lien vers l’application…

Les données présentent la localisation et le nombre de dossiers mis en consultation par les services de l’État en 2025 et la cartographie permet d’appréhender plus concrètement les enquêtes effectuées sur le territoire. A l’issue de la phase de participation du public, l’autorité décisionnaire disposera d’éléments complémentaires et pourra autoriser ou non le projet. Le rapport d’enquête et les conclusions motivées font partie de l’aide à la décision et rendent compte de la participation citoyenne.

Le nombre de dossiers et la diversité des thématiques abordées mettent en évidence le dynamisme de la région. La participation citoyenne reste un vecteur fondamental d’amélioration des projets, sur toutes leurs dimensions en particulier environnementale.


Définitions



Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)
Certaines installations peuvent avoir des impacts (pollution de l’eau, de l’air, des sols, etc.) et présenter des dangers (incendie, explosion, etc.) pour l’environnement, la santé et la sécurité publique. Pour ces raisons, elles sont soumises à la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).

Installations, ouvrages, travaux, activités (IOTA)
Les installations, ouvrages, travaux et activités (IOTA) sont les projets qui ont des impacts ou présentent des dangers pour le milieu aquatique et la ressource en eau : prélèvements, rejets, impacts sur le milieu aquatique, le milieu marin, la sécurité publique, etc. Pour ces raisons, les IOTA sont soumis à des réglementations spécifiques. Certains IOTA sont également des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ou sont inclus dans des ICPE. Dans ce cas, il faut respecter la législation applicable aux ICPE et aux IOTA.

Autorisation environnementale
L’autorisation environnementale est un outil de simplification permettant de rassembler, en une seule procédure d’autorisation, plusieurs procédures auxquelles un projet peut être soumis dans divers champs environnementaux (eau, risques, énergie, paysage, biodiversité, déchets…).

DUP - Déclaration d’utilité publique
La DUP est une procédure administrative qui permet de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant, précisément pour cause d’utilité publique. La DUP est obtenue à l’issue d’une enquête d’utilité publique.

SUP servitude d’utilité publique
Les servitudes d’utilité publique (SUP) sont des limitations administratives au droit de propriété autorisées par la loi au bénéfice de personnes publiques (État, collectivités locales, établissements publics), de concessionnaires de services ou de travaux publics, de personnes privées exerçant une activité d’intérêt général (concessionnaires d’énergie hydraulique, de canalisations de transport de produits chimiques, etc.).

DIG - Déclaration d’Intérêt Général
La Déclaration d’Intérêt Général (DIG) est une procédure instituée par la Loi sur l’eau qui permet à un maître d’ouvrage public d’entreprendre l’étude, l’exécution et l’exploitation de tous travaux, actions, ouvrages ou installations présentant un caractère d’intérêt général ou d’urgence, visant notamment l’aménagement et la gestion de l’eau sur les cours d’eau non domaniaux, parfois en cas de carence des propriétaires.


Sources : https://entreprendre.service-public.fr/ ; https://outil2amenagement.cerema.fr/outils/lautorisation-environnementale

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